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RIPESS

апреля 15, 2013 0:00 , by Daniel Tygel - | No one following this article yet.

Le RIPESS au 5ᵉ Symposium technique du UNTFSSE : contributions clés pour une agenda mondiale transformateur pour l’ESS

декабря 10, 2025 10:43, by RIPESS - 0no comments yet

Du 3 au 5 décembre 2025, le RIPESS a participé activement au 5ᵉ Symposium technique du Groupe de travail inter-agences des Nations Unies sur l’Économie sociale et solidaire (UNTFSSE), tenu à Murcia, Capitale espagnole de l’Économie Sociale 2025. L’événement a rassemblé agences onusiennes, gouvernements, réseaux internationaux et acteurs de l’ESS pour renforcer la place de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) dans l’agenda multilatéral.

La secrétaire exécutive du RIPESS, Sandra Moreno, est intervenue comme modératrice de la session sur les priorités émergentes et comme intervenante dans la session thématique sur l’égalité de genre et la non-discrimination, en apportant une perspective féministe, fondée sur les droits et ancrée dans les territoires.


Débats stratégiques pour renforcer l’ESS en période d’incertitude

Les discussions ont porté sur la manière dont l’ESS peut répondre aux crises actuelles. Quatre axes principaux ont été explorés :

1. Intégration de l’ESS dans le système onusien et multilatéral

Les participants ont souligné :

  • la reconnaissance croissante mais inégale de l’ESS,
  • le besoin de meilleure coordination régionale,
  • un dialogue renforcé avec les institutions financières internationales,
  • de meilleures données,
  • et une communication élargie au-delà du secteur spécialisé.

2. Progrès du Plan d’action 2024–2026

Des avancées ont été présentées en matière de statistiques, financement et mise en œuvre des résolutions de l’ONU, ainsi que la nécessité de :

  • renforcer les ressources,
  • améliorer la coordination de la recherche,
  • approfondir l’engagement multi-niveaux.

3. Voies institutionnelles pour l’avenir du Groupe de Travail

Les institutions ont partagé leurs progrès concernant la mise en œuvre de la résolution de l’ONU sur l’ESS, via des réformes réglementaires, la coopération Sud–Sud, et le renforcement de la gouvernance et du financement.

4. Priorités émergentes pour le Rapport 2026 du Secrétaire général

Les thèmes identifiés incluent :

  • localisation des ODD,
  • réponses aux crises,
  • action climatique,
  • consolidation de la paix,
  • engagement des jeunes,
  • et mesure du progrès social, soutenus par des données solides et des récits cohérents.

Sessions thématiques : innovation sociale, égalité, capacités et connaissances

ESS et innovation sociale pour la triple transition

L’ESS a été reconnue comme moteur d’innovation sociale dans les transitions écologique, numérique et démographique.

Égalité de genre et non-discrimination

La session a mis en évidence le rôle de l’ESS dans les modèles de gouvernance sensibles au genre et les systèmes de soins inclusifs.

Renforcement des capacités

Les besoins varient selon les régions : sensibilisation, partenariats intersectoriels, numérisation, transition verte et développement rural.

Recherche, statistiques et partage de connaissances

L’importance de la coordination des recherches, de l’harmonisation statistique et de mécanismes renforcés de partage des connaissances a été soulignée.


Contributions du RIPESS : une ESS féministe, fondée sur les droits et ancrée dans les territoires

Dans ses interventions, Sandra Moreno a affirmé :

« Les priorités émergentes nous invitent à repenser l’économie à partir des droits, des soins, des territoires et des communs — pour placer l’ESS au cœur des politiques mondiales. »

Elle a souligné que l’ESS, ancrée dans les économies féministes et fondées sur les droits humains, façonne des solutions pour le travail décent, la justice climatique et la gouvernance démocratique.

À propos du Rapport 2026 du SG de l’ONU :

« C’est une opportunité stratégique pour faire reconnaître l’ESS comme voie clé pour la localisation des ODD, les transitions justes et un développement fondé sur les droits. »

Sur l’ESS féministe :

« Elle transforme non seulement qui participe, mais aussi comment la richesse est décidée, produite, soignée et distribuée. »


Le RIPESS renforce son engagement mondial

Ce symposium a permis de renforcer les alliances, de contribuer aux débats stratégiques et de positionner l’ESS féministe et territoriale comme moteur de transformation sociale.

Le RIPESS poursuivra son travail au sein du UNTFSSE et avec ses membres pour faire avancer une ESS au cœur de la transition vers des économies justes, résilientes et démocratiques.



RIPESS exprime sa solidarité avec les communautés touchées par les inondations au Sri Lanka et rejoint l’appel urgent de LEADS

декабря 3, 2025 9:01, by RIPESS - 0no comments yet

Les inondations et glissements de terrain dévastateurs qui ont frappé le Sri Lanka ont provoqué une urgence humanitaire sans précédent. Plus de 1,15 million de personnes — 355 décès, des centaines de blessés et 370 disparus — ont été touchées dans les 25 districts du pays. Des milliers de familles se retrouvent sans abri, sans nourriture, sans conditions d’hygiène de base ni espaces sûrs pour les enfants.

Dans ce contexte critique, RIPESS exprime son soutien et sa solidarité à son membre LEADS, organisation qui dispose de plus de 40 ans d’expérience dans la réponse humanitaire et qui déploie actuellement un plan d’urgence en coordination avec les autorités locales et les agences humanitaires.

« Together for Relief: Help Those Affected »

LEADS lance un appel urgent à la solidarité internationale. Des milliers de familles ont besoin d’un soutien immédiat : des mères protégeant leurs enfants sous des toits endommagés, des personnes âgées dormant sur des nattes mouillées, des communautés entières attendant l’arrivée de l’aide.

Vos dons permettent de fournir des articles essentiels :

  • Rations sèches nutritives
  • Kits sanitaires pour femmes
  • Produits d’hygiène et équipements de protection

Une réponse coordonnée et fondée sur les besoins

Le projet d’urgence de LEADS vise à soutenir les familles les plus vulnérables dans les districts les plus touchés : Gampaha, Ratnapura, Nuwara Eliya, Killinochchi, Trincomalee, Jaffna et Badulla.

Les actions en cours comprennent :

  • Distribution d’articles essentiels, incluant kits d’hygiène, kits désinfectants, moustiquaires et rations sèches
  • Soutien au retour des familles chez elles, notamment nettoyage des puits, enlèvement des débris et fourniture de biens non alimentaires
  • Soutien psychosocial pour les enfants, grâce à des kits récréatifs
  • Évaluations rapides des besoins, en particulier pour les enfants et familles vulnérables
  • Coordination humanitaire active, en participant aux plateformes de réponse dirigées par l’ONU et les autorités

Les centres résidentiels de LEADS à Killinochchi, Badulla et Colombo ont également été touchés. Les enfants et le personnel ont été relogés dans des espaces sûrs sous la supervision des services de probation.

Comment contribuer

LEADS a ouvert un compte dédié aux dons. Chaque contribution, même modeste, fait une réelle différence.

Détails pour les dons :

  • Nom du compte : LEADS
  • Numéro de compte : 093020222802
  • Banque : Hatton National Bank
  • SWIFT/BIC : HBLILKLX001
  • Contact : info@leads.lk

Chaque roupie compte. Chaque geste de solidarité est précieux.

RIPESS réaffirme son engagement

L’Économie Sociale et Solidaire démontre sa force en temps de crise : coopération, solidarité et action collective pour protéger la vie et la dignité. RIPESS encourage son réseau mondial à diffuser cet appel et à soutenir, dans la mesure du possible, le travail essentiel mené par LEADS.

Ensemble pour le secours et la reconstruction.



RIPESS participe au 5ᵉ Symposium technique du UNTFSSE à Murcia

декабря 2, 2025 12:31, by RIPESS - 0no comments yet

Le 5ᵉ Symposium technique du Groupe de travail inter-agences des Nations Unies sur l’Économie Sociale et Solidaire (UNTFSSE) se tiendra du 3 au 5 décembre 2025 à Murcia, désignée Capitale espagnole de l’Économie Sociale 2025.

Cet événement international confirme le rôle de premier plan de l’Espagne dans la promotion de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Le pays a co-parrainé les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’ESS pour le développement durable adoptées en 2023 et 2024, et le symposium s’inscrit également dans le cadre de la 2ᵉ Année internationale des coopératives.

Un rendez-vous majeur pour le mouvement international de l’ESS

Le symposium permettra de :

  • Mettre en valeur le leadership de l’Espagne dans l’avancement de l’ESS.
  • Offrir aux membres et observateurs de l’UNTFSSE l’occasion de découvrir la riche histoire et le dynamique écosystème de l’ESS en Espagne — en particulier à Murcia.
  • Renforcer le rôle de l’UNTFSSE comme plateforme stratégique d’échange de connaissances et de dialogue politique.
  • Alimenter les premières discussions pour le prochain rapport du Secrétaire général de l’ONU sur l’ESS.

Participation du RIPESS

Le RIPESS jouera un rôle actif à travers sa secrétaire exécutive, Sandra Moreno, qui interviendra dans deux sessions clés :

  • Modératrice – Session 7 : “Priorités émergentes”
    Jeudi 4 décembre, 15h00–16h00
    Session consacrée aux premières réflexions pour le rapport 2026 du Secrétaire général de l’ONU et à la définition des priorités pour 2026–2027.
  • Intervenante – Session 9 : “Égalité de genre et non-discrimination”
    Jeudi 4 décembre, 17h00–18h00
    Sandra Moreno apportera la perspective du RIPESS sur la contribution de l’ESS à l’égalité de genre et à la lutte contre les discriminations.

À travers cette participation, le RIPESS réaffirme son engagement à renforcer les politiques internationales en faveur de l’ESS, à un moment clé de transition sociale, économique et écologique.

Co-organisation du symposium

  • Organisation internationale du Travail (OIT), présidence et secrétariat de l’UNTFSSE
  • Ministère du Travail et de l’Économie sociale de l’Espagne
  • Gouvernement de la Région de Murcia
  • Municipalité de Murcia
  • CEPES – Confédération entrepreneuriale espagnole de l’Économie sociale
  • UCOMUR – Union des coopératives de travail associé de la Région de Murcia



Table ronde sur la « sécurité alimentaire sociale » au GSEF à Bordeaux

ноября 27, 2025 9:43, by RIPESS - 0no comments yet

Urgenci, en tant que membre thématique de la coordination du Conseil d’administration intercontinental du RIPESS, a participé au Forum mondial de l’économie sociale et solidaire (GSEF) à Bordeaux fin octobre, ainsi qu’à la réunion préalable du Conseil d’administration et à la réunion avec les nouveaux partenaires WSM, INSP!R et WIEGO.

La principale contribution d’Urgenci au GSEF a été une table ronde organisée avec RIPESS Europe sur la sécurité sociale alimentaire et le droit à l’alimentation, que nous avons mise en place et animée ensemble. Elle a attiré plus de 100 participants.

La première intervention a été celle d’Adriana Bezarra Cardosa, Brésilienne travaillant avec Transition Minett au Luxembourg, membre de RIPESS Europe. Elle a clairement exposé l’impact de la mobilisation citoyenne sur les différentes politiques publiques mises en place depuis les années 1990 au Brésil en faveur de la souveraineté alimentaire et du droit à l’alimentation, et leur fonctionnement. Cette intervention était importante, car elle a clairement démontré à quel point l’influence favorable des citoyens sur les politiques nationales permettant l’accès à une alimentation saine peut être importante pour surmonter l’insécurité alimentaire, le retard de croissance, et pour établir des régimes alimentaires sains et soutenir la démocratie alimentaire. Ce sont en effet ces initiatives qui ont inspiré les projets européens de sécurité alimentaire sociale.

Jean Rossiaud, de l’APRES-Genève, également membre du RIPESS Europe, a présenté les projets expérimentaux de sécurité alimentaire sociale de Genève : « Caisse genevoise de l’Alimentation (CALIM) », mis en œuvre depuis le 1er octobre 2025. Il a également expliqué que Genève présente une économie à deux vitesses : celle des organisations internationales et des Nations unies, qui offrent des salaires élevés, et celle des sociétés commerciales, moins connue, qui compte de nombreuses personnes qui luttent pour atteindre la sécurité alimentaire. La CALIM propose des aliments biologiques frais à des prix abordables pour les participants.

Le Mouvement pour une agriculture paysane citoyenne (MAPC) – fondé par les Jardins de Cocagne, l’un des plus anciens projets européens d’agriculture soutenue par la communauté, voire le plus ancien, créé en 1978 – dirige le projet CALIM, qui est soutenu par une large coalition d’organisations et financé par la ville de Genève. En utilisant le portefeuille de monnaie locale, ils ont fondé un projet de sécurité alimentaire sociale qui décommodifie efficacement les aliments biologiques frais et les rend abordables pour les participants.

Cette coalition a réussi à inscrire le droit à l’alimentation dans la Constitution genevoise, à la suite d’un référendum, un outil remarquable de démocratie directe en Suisse.

Françoise Follet-Sinoir est aujourd’hui productrice à la retraite de l’AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) à Villelaure-Vaucluse (région PACA), près de Cadenet, en France. La ferme est désormais gérée par sa fille. Elle est membre de l’AMAP de Provence depuis 2003. Ce réseau est membre d’Urgenci et du MES (Mouvement pour l’économie sociale et solidaire). Le MES fait également partie du RIPESS Europe. Elle a parlé du projet local de sécurité alimentaire sociale de Cadenet et de l’importance de la sécurité alimentaire sociale pour assurer et garantir la stabilité du marché et les revenus des producteurs agricoles paysans, un aspect souvent négligé. Le projet de sécurité alimentaire de Cadenet est l’un des plus anciens de France. La combinaison des projets d’agriculture soutenue par la communauté et de sécurité alimentaire offre un niveau global de sécurité alimentaire, de souveraineté alimentaire et d’économie sociale et solidaire tant pour les producteurs que pour les consommateurs. Françoise a également travaillé sur ce sujet au sein de la commission territoriale nationale du CIVAM.

Drazen Simlesa, conservateur de semences paysannes et universitaire indépendant originaire de Croatie, est le coordinateur général de RIPESS Europe. Il a informé les participants de l’importance de la prochaine campagne européenne « Good Food for All » (Une bonne alimentation pour tous), dans le cadre de laquelle Urgenci et RIPESS feront pression sur la Commission européenne pour qu’elle reconnaisse la nécessité de systèmes alimentaires locaux durables et la disponibilité et l’accessibilité financière d’une alimentation saine. La politique « De la ferme à la table », sur laquelle nous avons tous travaillé dur pendant de nombreuses années et qui a maintenant été mise de côté, a accru la vulnérabilité dans toute l’Union européenne. Selon le rapport annuel SOFI de la FAO, environ 25 % de la population des pays développés souffre aujourd’hui d’insécurité alimentaire.

Enfin, David Glory, post-doctorant en anthropologie à l’université de Bordeaux, qui mène une étude sur la sécurité sociale alimentaire, a rappelé à l’auditoire les conditions requises pour les projets FSS, dont il existe aujourd’hui environ 60 fonds, et 100 qui impliquent la démocratie alimentaire sans nécessairement aller jusqu’aux fonds de sécurité sociale alimentaire (selon le collectif national). La clé de ce nouveau pilier de la protection sociale réside dans le fait que les membres versent des cotisations volontaires aux fonds. Ces fonds reçoivent également des fonds des autorités locales. La participation des autorités locales est essentielle, car il existe une décentralisation générale des fonds nationaux utilisés. Une législation-cadre nationale est également indispensable. D’autres conditions s’appliquent à l’utilisation des fonds reçus : dans les magasins coopératifs, les étals de produits biologiques ou les groupes d’agriculture soutenue par la communauté (AMAP). Il n’y a généralement pas de plafond appliqué aux revenus des participants.

En France, une législation-cadre sur l’économie sociale et solidaire a été introduite en 2014. En février dernier, le député écologiste Boris Tavernier a tenté d’introduire une législation sur la sécurité alimentaire sociale, mais sans succès. Cependant, il faut espérer que la SSS finira par être reconnue comme un outil important pour garantir le droit humain à une alimentation saine pour tous.



Round table on ‘Food security and the right to food’ at the GSEF in Bordeaux

ноября 27, 2025 9:43, by RIPESS - 0no comments yet

Urgenci, en tant que membre thématique de la coordination du Conseil d’administration intercontinental du RIPESS, a participé au Forum mondial de l’économie sociale et solidaire (GSEF) à Bordeaux fin octobre, ainsi qu’à la réunion préalable du Conseil d’administration et à la réunion avec les nouveaux partenaires WSM, INSP!R et WIEGO.

La principale contribution d’Urgenci au GSEF a été une table ronde organisée avec RIPESS Europe sur la sécurité sociale alimentaire et le droit à l’alimentation, que nous avons mise en place et animée ensemble. Elle a attiré plus de 100 participants.

La première intervention a été celle d’Adriana Bezarra Cardosa, Brésilienne travaillant avec Transition Minett au Luxembourg, membre de RIPESS Europe. Elle a clairement exposé l’impact de la mobilisation citoyenne sur les différentes politiques publiques mises en place depuis les années 1990 au Brésil en faveur de la souveraineté alimentaire et du droit à l’alimentation, et leur fonctionnement. Cette intervention était importante, car elle a clairement démontré à quel point l’influence favorable des citoyens sur les politiques nationales permettant l’accès à une alimentation saine peut être importante pour surmonter l’insécurité alimentaire, le retard de croissance, et pour établir des régimes alimentaires sains et soutenir la démocratie alimentaire. Ce sont en effet ces initiatives qui ont inspiré les projets européens de sécurité alimentaire sociale.

Jean Rossiaud, de l’APRES-Genève, également membre du RIPESS Europe, a présenté les projets expérimentaux de sécurité alimentaire sociale de Genève : « Caisse genevoise de l’Alimentation (CALIM) », mis en œuvre depuis le 1er octobre 2025. Il a également expliqué que Genève présente une économie à deux vitesses : celle des organisations internationales et des Nations unies, qui offrent des salaires élevés, et celle des sociétés commerciales, moins connue, qui compte de nombreuses personnes qui luttent pour atteindre la sécurité alimentaire. La CALIM propose des aliments biologiques frais à des prix abordables pour les participants.

Le Mouvement pour une agriculture paysane citoyenne (MAPC) – fondé par les Jardins de Cocagne, l’un des plus anciens projets européens d’agriculture soutenue par la communauté, voire le plus ancien, créé en 1978 – dirige le projet CALIM, qui est soutenu par une large coalition d’organisations et financé par la ville de Genève. En utilisant le portefeuille de monnaie locale, ils ont fondé un projet de sécurité alimentaire sociale qui décommodifie efficacement les aliments biologiques frais et les rend abordables pour les participants.

Cette coalition a réussi à inscrire le droit à l’alimentation dans la Constitution genevoise, à la suite d’un référendum, un outil remarquable de démocratie directe en Suisse.

Françoise Follet-Sinoir est aujourd’hui productrice à la retraite de l’AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) à Villelaure-Vaucluse (région PACA), près de Cadenet, en France. La ferme est désormais gérée par sa fille. Elle est membre de l’AMAP de Provence depuis 2003. Ce réseau est membre d’Urgenci et du MES (Mouvement pour l’économie sociale et solidaire). Le MES fait également partie du RIPESS Europe. Elle a parlé du projet local de sécurité alimentaire sociale de Cadenet et de l’importance de la sécurité alimentaire sociale pour assurer et garantir la stabilité du marché et les revenus des producteurs agricoles paysans, un aspect souvent négligé. Le projet de sécurité alimentaire de Cadenet est l’un des plus anciens de France. La combinaison des projets d’agriculture soutenue par la communauté et de sécurité alimentaire offre un niveau global de sécurité alimentaire, de souveraineté alimentaire et d’économie sociale et solidaire tant pour les producteurs que pour les consommateurs. Françoise a également travaillé sur ce sujet au sein de la commission territoriale nationale du CIVAM.

Drazen Simlesa, conservateur de semences paysannes et universitaire indépendant originaire de Croatie, est le coordinateur général de RIPESS Europe. Il a informé les participants de l’importance de la prochaine campagne européenne « Good Food for All » (Une bonne alimentation pour tous), dans le cadre de laquelle Urgenci et RIPESS feront pression sur la Commission européenne pour qu’elle reconnaisse la nécessité de systèmes alimentaires locaux durables et la disponibilité et l’accessibilité financière d’une alimentation saine. La politique « De la ferme à la table », sur laquelle nous avons tous travaillé dur pendant de nombreuses années et qui a maintenant été mise de côté, a accru la vulnérabilité dans toute l’Union européenne. Selon le rapport annuel SOFI de la FAO, environ 25 % de la population des pays développés souffre aujourd’hui d’insécurité alimentaire.

Enfin, David Glory, post-doctorant en anthropologie à l’université de Bordeaux, qui mène une étude sur la sécurité sociale alimentaire, a rappelé à l’auditoire les conditions requises pour les projets FSS, dont il existe aujourd’hui environ 60 fonds, et 100 qui impliquent la démocratie alimentaire sans nécessairement aller jusqu’aux fonds de sécurité sociale alimentaire (selon le collectif national). La clé de ce nouveau pilier de la protection sociale réside dans le fait que les membres versent des cotisations volontaires aux fonds. Ces fonds reçoivent également des fonds des autorités locales. La participation des autorités locales est essentielle, car il existe une décentralisation générale des fonds nationaux utilisés. Une législation-cadre nationale est également indispensable. D’autres conditions s’appliquent à l’utilisation des fonds reçus : dans les magasins coopératifs, les étals de produits biologiques ou les groupes d’agriculture soutenue par la communauté (AMAP). Il n’y a généralement pas de plafond appliqué aux revenus des participants.

En France, une législation-cadre sur l’économie sociale et solidaire a été introduite en 2014. En février dernier, le député écologiste Boris Tavernier a tenté d’introduire une législation sur la sécurité alimentaire sociale, mais sans succès. Cependant, il faut espérer que la SSS finira par être reconnue comme un outil important pour garantir le droit humain à une alimentation saine pour tous.