Trouver des solutions locales pour la localisation des ODD
April 1, 2019 14:10 - no comments yet
ASEC – RIPESS Asia était présent à la Conférence Internationale sur la localisation des SDG tenue du 22 au 24 février 2019 en Corée du Sud. Lors de cet événement, le professeur Denison Jayasooria a présenté quelques réflexions tirées d’une étude de cas malaisienne parmi les habitants d’appartements plats qui met en évidence le rôle important de l’ESS dans la localisation des ODD.
Écrit par Denison Jayasooria, Président d’ASEC/Ripess Asie et membre du Conseil d’Administration du RIPESS.
La Conférence internationale sur la localisation des ODD qui a eu lieu à l’Université Yonsei en Corée du Sud le 23 février 2019 a été une excellente occasion de présenter une étude de cas sur une expérience malaisienne.
L’étude à pris en compte les données recueillies sur le terrain dans 12 quartiers urbains de la vallée du Klang, en Malaisie, où vivent plus de 43 000 personnes. Il s’agit d’habitants d’appartements de grande hauteur provenant du 40 pour cent de la société le plus défavorisée par la fracture socio-économique.
La Malaisie a connu une urbanisation et une modernisation rapides, où d’importantes communautés rurales ont migré vers les villes. Les appartements en hauteur sont devenus leur lieu d’habitation éventuel, mais ces quartiers se manifestent par de nombreux problèmes urbains tels que la criminalité et les gangs, l’abus de drogues et d’alcool et des problèmes majeurs liés à l’entretien des bâtiments et des espaces publics, y compris le nettoyage des déchets.
D’après les données recueillies sur le terrain lors de discussions de groupe et d’entretiens avec des chefs de quartier, nous pouvons reconnaître que la population locale est capable d’identifier les problèmes et les besoins locaux. Ils sont également en mesure de hiérarchiser leurs préoccupations et d’y répondre par des solutions locales. Cependant, ils ont du mal à obtenir l’appui des organismes locaux pour les aider à résoudre leurs problèmes.
L’étude de cas a identifié une initiative du gouvernement fédéral par l’entremise du ministère de l’Unité nationale et de l’Intégration qui a lancé un programme intitulé » Aimez votre quartier » dans le cadre duquel les dirigeants locaux résolvent leurs problèmes en partenariat grâce à la coopération interorganismes. L’étude de cas montre la collaboration étroite avec la police, l’agence antidrogue et les autorités locales pour résoudre les problèmes locaux. Dans ce contexte, il est à noter que la démocratie représentative et participative est nécessaire pour trouver des solutions durables.
Il s’agit d’un thème très important des ODD où les problèmes locaux sont identifiés de manière multidimensionnelle, ce qui nécessite la participation de plusieurs organismes et intervenants pour trouver une solution. Il existe de bonnes possibilités de partenariat, comme le souligne le paragraphe 17.17 du document ODD 17.17, pour s’attaquer aux inégalités (ODD10) parmi les citadins pauvres ainsi qu’aux problèmes urbains par une meilleure gouvernance des villes (ODD11).
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La conférence internationale sur la localisation des ODD s’est tenue du 22 au 24 février 2019 à l’Université Yonsei, campus de Wonju, en Corée du Sud.
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Les réseaux d’ESS d’Amérique Latine renouvellent leurs engagements
April 1, 2019 14:10 - no comments yet
Les organisations d’ESS de 13 pays d’Amérique latine se sont réunies pour œuvrer en faveur d’une économie fondée sur les relations économiques et sociales de coopération entre les êtres humains et avec la nature.
Écrit par Patricio Bravo V. MESSE, Comunication RIPESS-LAC.
Du 27 février au 2 mars, la VIIe Rencontre latino-américaine et caribéenne sur l’Économie Sociale Solidaire, promue par le réseau ESS Ripess LAC, s’est tenue au siège de l’Université nationale du Costa Rica (UCR), San José, Costa Rica. L’objectif de l’événement était de réactiver et de mettre à jour les approches et stratégies organisationnelles pour la promotion de l’Économie Sociale Solidaire (ESS).
L’événement a suscité un intérêt très important parmi les organisations et projets d’ESS en Amérique latine. Ainsi, 13 pays de la région étaient représentés avec des membres d’organisations et d’institutions qui travaillent pour une autre économie dans la région, centrée sur les intérêts de la personne et non du simple capital.
Les conférences, les groupes de travail et les séances plénières ont abordé des sujets tels que : production agroécologique, consommation et territorialité responsables, finance éthique, économie féministe et équité entre les sexes, commerce équitable, autogestion et équité économique, entre autres aspects abordés dans un échange dynamique des connaissances et des expériences enrichissantes.
Dans le cadre des nouveaux horizons de l’ESS, une analyse critique a été menée sur les facteurs qui déterminent la « sénilité » du capitalisme mondial et qui favorisent une nouvelle société, la lutte pour le contrôle des biens communs et publics et l’ouverture d’une démocratie économique, politique et sociale, l’état actuel de l’économie solidaire, les devises alternatives et leur rôle dans la construction des territoires souverains.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le Recteur (E) de l’UCR a déclaré : » nous reconnaissons les contributions de l’ESS dans la construction historico-culturelle de l’action, de la lutte, de vos efforts comme producteurs de pouvoirs et de connaissances et nous rejoignons une gestion démocratique participative pour le bien commun « .
Déclaration officielle
Le contexte actuel est celui d’une grande diversité de connaissances et de pratiques urbaines et rurales, qui résistent et construisent des relations humaines, sociales et économiques pour la vie et la défense solidaire de la nature. Compte tenu de cette réalité, la réunion a assumé plusieurs objectifs et engagements. Parmi eux :
- Réaffirmer l’ESS comme une autre façon de faire de l’économie, centrée sur les personnes et en harmonie avec la nature.
- Regagner et renforcer les pratiques communautaires de réciprocité et de coopération.Construire des processus d’autonomisation des initiatives d’ESS dans le processus de formulation des politiques publiques.
- Renforcer les processus de développement territorial intégral et durable aux niveaux national et mondial.
- Promouvoir l’intégration régionale de l’Amérique latine et des Caraïbes, en privilégiant la paix et l’autodétermination.
- Défendre le respect du caractère pluriculturel, multiethnique et multilingue des peuples, en valorisant leurs connaissances ancestrales et leurs contributions socio-économiques, solidaires et réciproques.
- Promouvoir, de manière active et durable, des pratiques et des politiques d’équité entre les sexes.
- Déconstruire la colonisation du pouvoir dans les domaines du savoir, de l’économie et de la politique.
- Éviter les industries extractives et la privatisation des biens communs.
A cette fin, les participants se sont engagés à élargir l’intégration et le dialogue entre les différents acteurs de l’ESS, avec d’autres mouvements connexes et transformateurs. En outre, ils ont également décidé de travailler à l’identification d’instruments, de méthodes et de systèmes qui améliorent les niveaux d’efficacité économique et sociale des entreprises solidaires, de leurs produits et services, dans le but d’améliorer la qualité de vie de leurs membres et communautés.
Assemblée régionale du RIPESS LAC
Parallèlement à la VIIe Réunion, l’Assemblée du Ripess LAC a profité de l’occasion pour se réunir et élaborer le plan de travail pour la période 2019-2020. Au cours de l’Assemblée, le Conseil directeur régional (CDR) a également été désigné. Ainsi, il sera présidé par Nicolás Cruz de la République dominicaine, avec Relinda Sosa du GRESP (Pérou) comme sous-coordinatrice et Alfonso Cotera comme secrétaire technique. Les Commissions thématiques mises en place et qui fonctionneront à partir de maintenant sont les suivantes : Organisation, Education, Genre et équité, Circuits économiques solidaires, Communication et Plaidoyer.
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L’Amérique latine s’engage à l’ESS lors de la VIIème réunion du RIPESS LAC
April 1, 2019 14:10 - no comments yet
Les organisations d’ESS de 13 pays d’Amérique latine se sont réunies pour œuvrer en faveur d’une économie fondée sur les relations économiques et sociales de coopération entre les êtres humains et avec la nature.
Écrit par Patricio Bravo V. MESSE, Comunication RIPESS-LAC.
Du 27 février au 2 mars, la VIIe Rencontre latino-américaine et caribéenne sur l’Économie Sociale Solidaire, promue par le réseau ESS Ripess LAC, s’est tenue au siège de l’Université nationale du Costa Rica (UCR), San José, Costa Rica. L’objectif de l’événement était de réactiver et de mettre à jour les approches et stratégies organisationnelles pour la promotion de l’Économie Sociale Solidaire (ESS).
L’événement a suscité un intérêt très important parmi les organisations et projets d’ESS en Amérique latine. Ainsi, 13 pays de la région étaient représentés avec des membres d’organisations et d’institutions qui travaillent pour une autre économie dans la région, centrée sur les intérêts de la personne et non du simple capital.
Les conférences, les tables de travail et les séances plénières ont abordé le problème sous différents aspects : production agroécologique, consommation et territorialité responsables, finance éthique, économie féministe et équité entre les sexes, commerce équitable, autogestion et équité économique, entre autres aspects abordés dans un échange dynamique des connaissances et des expériences enrichissantes.
Dans le cadre des nouveaux horizons de l’ESS, une analyse critique a été menée sur les facteurs qui déterminent la « sénilité » du capitalisme mondial et qui favorisent une nouvelle société, la lutte pour le contrôle des biens communs et publics et l’ouverture d’une démocratie économique, politique et sociale, l’état actuel de l’économie solidaire, les devises alternatives et leur rôle dans la construction des territoires souverains.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le Recteur (E) de l’UCR a déclaré : » nous reconnaissons les contributions de l’ESS dans la construction historico-culturelle de l’action, de la lutte, de vos efforts comme producteurs de pouvoirs et de connaissances et nous rejoignons une gestion démocratique participative pour le bien commun « .
Déclaration officielle
Le contexte actuel est celui d’une grande diversité de connaissances et de pratiques urbaines et rurales, qui résistent et construisent des relations humaines, sociales et économiques pour la vie et la défense solidaire de la nature. Compte tenu de cette réalité, la réunion a assumé plusieurs objectifs et engagements. Parmi eux :
- Réaffirmer l’ESS comme une autre façon de faire de l’économie, centrée sur les personnes et en harmonie avec la nature.
- Regagner et renforcer les pratiques communautaires de réciprocité et de coopération.Construire des processus d’autonomisation des initiatives d’ESS dans le processus de formulation des politiques publiques.
- Renforcer les processus de développement territorial intégral et durable aux niveaux national et mondial.
- Promouvoir l’intégration régionale de l’Amérique latine et des Caraïbes, en privilégiant la paix et l’autodétermination.
- Défendre le respect du caractère pluriculturel, multiethnique et multilingue des peuples, en valorisant leurs connaissances ancestrales et leurs contributions socio-économiques, solidaires et réciproques.
- Promouvoir, de manière active et durable, des pratiques et des politiques d’équité entre les sexes.
- Déconstruire la colonisation du pouvoir dans les domaines du savoir, de l’économie et de la politique.
- Éviter les industries extractives et la privatisation des biens communs.
A cette fin, les participants se sont engagés à élargir l’intégration et le dialogue entre les différents acteurs de l’ESS, avec d’autres mouvements connexes et transformateurs. En outre, ils ont également décidé de travailler à l’identification d’instruments, de méthodes et de systèmes qui améliorent les niveaux d’efficacité économique et sociale des entreprises solidaires, de leurs produits et services, dans le but d’améliorer la qualité de vie de leurs membres et communautés.
Assemblée régionale du RIPESS LAC
Parallèlement à la VIIe Réunion, l’Assemblée du Ripess LAC a profité de l’occasion pour se réunir et élaborer le plan de travail pour la période 2019-2020. Au cours de l’Assemblée, le Conseil directeur régional (CDR) a également été désigné. Ainsi, il sera présidé par Nicolás Cruz de la République dominicaine, avec Relinda Sosa du GRESP (Pérou) comme sous-coordinatrice et Alfonso Cotera comme secrétaire technique. Les Commissions thématiques mises en place et qui fonctionneront à partir de maintenant sont les suivantes : Organisation, Education, Genre et équité, Circuits économiques solidaires, Communication et Plaidoyer.
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Premier séminaire de test SolidBase en République tchèque
April 1, 2019 14:09 - no comments yet
Jana Kožnarová, d’Urgenci – Le Réseau international pour l’agriculture soutenue par la communauté, explique le dialogue établi lors du séminaire « Comment gérer un CSA », le premier des quatre prochains séminaires de test du projet européen « SolidBase – Éducation à la viabilité financière pour un système alimentaire solidaire ».
Écrit parana Kožnarová, AMPI et Urgenci.
« Comment gérer un CSA » était le nom du premier des quatre prochains séminaires de test du projet européen « Éducation à la viabilité financière pour un système alimentaire solidaire », où nous cherchons de nouveaux moyens de soutenir l’autosuffisance financière des systèmes alimentaires solidaires, notamment l’agriculture soutenue par la communauté (CSA).
Au cours du séminaire, nous nous sommes familiarisés avec les processus de gestion et de prise de décision qui peuvent avoir lieu avec le CSA. Nous nous sommes concentrés sur les différentes options de statut de groupe (formel ou informel), tant pour le début que pour la transition possible pendant le fonctionnement de CSA. Nous avons travaillé sur les rôles au sein de CSA, nous les avons évalués et nous avons cherché des façons d’apprendre à les déléguer. Nous avons créé un calendrier pour toute l’année, décrit et structuré les activités clés de la saison. L’ensemble du séminaire était basé sur des exemples de bonnes pratiques nationales et internationales. Le séminaire a réuni 15 participants dans toute la République tchèque, avec un nombre équilibré d’agriculteurs et de coordonnateurs de CSA.
Et qu’est-ce que les participants ont appris ? Par exemple, ils ont appris à propos de l’Association AMPI et de ce que c’est que d’être coordinateur CSA en République Tchèque. Ils ont pris connaissance des résultats de la recherche européenne dans le cadre du projet « Solid base ». Les possibilités de participer au projet EATingCraft et ce qu’il peut apporter aux initiatives alimentaires et aux agriculteurs. Une carte leur a également été présentée, où l’on peut trouver les initiatives existantes du CSA et les éco-agriculteurs auxquels on peut s’adresser pour mettre en place un CSA. Enfin, ils ont pris connaissance d’autres initiatives alimentaires en cours en République tchèque, telles que le magasin fédéral Obživa, l’association Hojnost et le marché alimentaire local Polopo.
Ce premier événement a été suivi, le 30 mars dernier, d’un deuxième séminaire d’essai intitulé « Comment planifier financièrement le CSA ». Cette fois, nous sommes allés à Ostrava ! Là, l’accent a été mis sur la façon de mieux gérer financièrement votre initiative. Le séminaire a principalement porté sur le partage d’exemples pratiques, d’expériences et de discussions. Nous nous sommes concentrés sur le temps et la planification financière de la CSA. Nous avons montré des exemples d’organisation et de budget de quelques CSA spécifiques. Nous avons également présenté l’IPMB en tant qu’organisme-cadre pour le développement de CSA dans notre pays et notre intention de créer un réseau national d’initiatives de CSA. Nous avons également présenté les résultats de la recherche européenne dans le cadre du projet « Solid base ».
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L’ESS avec perspective de genre
March 8, 2019 12:32 - no comments yet
Pour cette Journée Internationale des Droits des Femmes du 8 mars, le groupe de travail Femmes et ESS du RIPESS, en collaboration avec Quartiers du Monde, publie cet article sur comment la perspective de genre permet de questionner et transformer les rapports de pouvoir au sein de l’ESS.
Une activité économique sociale et solidaire ne remet pas en question de facto les rapports de domination de genre. Le fait qu’une activité économique soit menée par une femme ou par un groupe de femmes ne signifie pas systématiquement que les rapports de pouvoir de domination et de subordination entre hommes et femmes, et entre femmes elles même soient remises en question.
L’Économie Sociale Solidaire (ESS) doit contribuer à l’émergence d’un modèle de développement basé sur des valeurs d’équité, de justice, de transparence et de solidarité, pourtant même si les femmes représentent plus de 70 à 80% de la main d’œuvre en ESS, tant comme fondatrices d’entreprises, administratrices, salariées et bénéficiaires, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas acquise notamment au niveau de la gouvernance, en matière d’équité salariale, de diversité de choix et ou d’accès aux ressources économiques et politiques.
L’ESS (comme processus qui amène une communauté à se réunir autour d’une activité économique) promeut des valeurs de solidarité, mais ne remet pas en question les rapports de pouvoir entre les femmes et les hommes, reste aveugle aux réalités, besoins, envies et obligations différenciés des femmes et des hommes.

Déjà au début des années 2000, les critiques féministes reprochaient à la vision dominante de l’ESS d’invoquer des raisons d’efficacité pour accepter des stratégies plus pragmatiques, qui accordent plus de place à la dimension économique qu’à la finalité sociale dans la conception et le développement des initiatives, donnant ainsi la priorité à des initiatives à caractère entrepreneurial. Elles questionnaient déjà la capacité de l’ESS de développement des emplois de qualité pour les femmes.
D’autre critiques plus sévères s’inquiétaient non seulement de la faible préoccupation pour la reconnaissance du travail des femmes, mais que l’ESS entrainerait « un partage de la pauvreté plutôt qu’un partage de la richesse. » Femmes de terrain et chercheures étaient nombreuses à affirmer que le processus d’institutionnalisation secondariserait la manière des femmes de concevoir l’économie et dépouillerait le projet de son potentiel de transformation.
Finalement, plusieurs concluaient que l’ESS représentait un recul pour le mouvement féministe et entreprirent un repli défensif pour éviter une plus grande précarisation économique des femmes et des groupes de femmes. Pour la majorité des femmes impliquée dans le débat, il ne s’agissait par de claquet la poste des instances de concertation et de structuration, mais d’occuper plus et mieux le terrain et possiblement de façon plus contestataire, dans le but de défendre les intérêts des femmes et d’obtenir la reconnaissance de leur travail rémunéré ou non.

Intégrer la perspective de genre aux processus d’ESS en tant que méthodologie, permet de questionner et de transformer les rapports de domination/pouvoir, ainsi que les inégalités construits dans le modèle économique dominant (patriarcal et capitaliste), reproduits et renforcés dans le monde du travail. Ainsi, intégrer la perspective de genre dans l’ESS permet de comprendre les mécanismes du patriarcat et leur impact dans la vie quotidienne des femmes et des hommes sans pour autant proposer des nouveaux postulats, intégrer la PG à l’ESS permet de lever les freins que rencontrent les femmes dans leur processus d’autonomisation socio-économique.
L’ESS sans perspective de genre non seulement ne cherche pas à déconstruire les inégalités de genre existantes mais ignore aussi nombre de composantes qui structurent et reproduisent le système patriarcal : la division sexuelle de la gouvernance et du travail, les violences faites aux femmes, les masculinités hégémoniques etc., alors que le principal mécanisme du patriarcat est d’établir des rapports de pouvoir et de domination entre femmes et hommes, entre femmes et entre hommes.
Pour la création/consolidation des initiatives entrepreneuriales sociales et solidaires avec perspective de genre qui renforcent le pouvoir d’agir des femmes, il est important de disposer des outils adaptés qui permettent d’interroger la situation (et facilitent l’analyse) des femmes dans tous les domaines (formation/instruction, santé, vie familiale, appui de l’entourage, organisation…) et les différents espaces (privé et public) de leur vie ; ainsi qu’un accompagnement technique.
Intégrer la perspective de genre dans l’accompagnement à l’entreprenariat social et solidaire nécessite une stratégie globale qui se décline par des mécanismes concrets et situés tant dans le fonctionnement de l’entreprise que dans son positionnement politique (dans son contexte socio-économique) afin de veiller aux places des femmes et des hommes, à leur autonomisation socio-économique et leur évolution équitable au sein de l’entreprise.

Les entités de Femmes du Monde ont aussi affirmé que le défi de l’ESS avec perspective de genre était d’analyser les hiérarchies et les inégalités de genre, afin de reconnaître et visibiliser les tâches de protection et de soins (care) assumées par les femmes, tâches qui sont pourtant essentielles aux besoins de leurs familles, des sociétés et du capital.
Si nous voulons que les initiatives d’ESS des femmes soient de réels vecteurs d’émancipation, certaines conditions sont à atteindre:
- la reconnaissance à sa juste valeur de la contribution des femmes au développement social et économique tout en demeurant sensible aux différences pertinentes de la condition des femmes.
- la sensibilisation à la communauté, aux intermédiaires en développement d’initiatives ESS, aux réseaux ESS, aux partenaires et investisseurs de l’ESS à l’importance de documenter et communiquer les effets différenciés rencontrés par les femmes et les hommes en ESS afin de favoriser l’ajustement des pratiques.
- la réalisation d’un état des lieux et d’études approfondies sur la place des femmes dans l’ESS (avec des données sexo-spécifiques, des données qualitatives…) ainsi que la mise en place d’outils de suivi des impacts intégrant la perspective de genre.
- la mise en oeuvre de mesures d’“action affirmatives” pour les initiatives d’ESS portées par des femmes (concernant les mécanismes de financement, des dispositifs d’accompagnement adaptés…).
- l’abolition de la division sexuelle du travail, la reconnaissance du travail invisible des femmes et la disparition des ghettos d’emplois.
- la pleine et égale participation aux lieux de pouvoir et de développement.
- la mise en oeuvre de politiques volontaristes en termes d’égalité femmes-hommes (sur la parité, l’égalité salariale, les carrières, les temps sociaux…) dans les structures d’ESS, par la formation de ses acteurs, par des politiques incitatives etc.
- la sensibilisation contre les stéréotypes de genre et les pratiques discriminatoires dans les différentes espaces de l’ESS.
- le renforcement de la perspective de genre dans les plaidoyers et l’agenda des acteurs de l’ESS.
- l’outil de lutte contre la pauvreté et l’exclusion tout en permettant de répondre aux besoins des femmes qui ne sont pas comblés par l’économie marchande.
Les accords du réseau concernent pour le moment la mise en oeuvre d’activités transformatrices qui permettent d’avancer vers un objectif de justice sociale, par des espaces de formation, la mise en réseau, le partage équitable du pouvoir et des richesses des collectifs. L’accent est aussi mis sur une vigilance à l’encontre des violences et des attitudes de domination de genre, quelles que soient leurs formes, ainsi que sur la répartition juste et équilibrée des tâches (y compris reproductives) entre les membres, femmes et hommes.
Intégrer la perspective de genre à l’ESS a pour but de transformer la perception, l’action et l’impact de ce modèle sur la vie des femmes, de questionner et transformer les relations de pouvoir entre hommes et femmes et entre les femmes entre elles, de faire de leurs initiatives économiques un espace d’empowerment pour renforcer leur pouvoir d’agir.
Le pari du réseau est de transformer les relations de pouvoir et les rôles assignés par le patriarcat aux femmes et aux hommes, d’adapter une filière économique qui permette aux femmes d’augmenter leurs autonomies (économique, politique et social) en reconnaissant et revalorisant revalorise leur travail (de production et de reproduction).
L’ESS avec perspective de genre est une méthodologie de travail qui intègre aux valeurs et pratiques de l’ESS, des questionnements sur l’égalité de genre à toutes les étapes de la création d’une activité d’ESS. Elle conserve la volonté de rupture avec le capitalisme des principes de l’ESS et lui amène des réflexions et concepts de l’économie féministe.
Écrit par le groupe de travail « Femmes et ESS » du RIPESS et Quartiers du Monde.
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