Expérience de plaidoyer de la plateforme bolivienne dans une perspective de genre.
February 1, 2022 11:25 - no comments yet
En 2005, la première coordination de commerce équitable et d’économie solidaire a été créée à Cochabamba dans le cadre de la Foire internationale de cette ville. A partir de ce moment, divers événements d’économie alternative ont été organisés dans les deux expériences.
En 2008, le Mouvement pour l’économie solidaire et le commerce équitable (ESYCJ) a finalement été fondé. Ce mouvement était composé de représentants des artisans du textile, des paysans, du cuir, des aliments frais et transformés, en général de tous les groupes et organisations qui travaillaient dans le secteur de l’artisanat. Le processus a été accompagné par certaines organisations nationales et internationales telles que le Centre d’études et de coopération internationale (CECI UNITERRA) du Canada et Caritas Bolivie (une institution appartenant à l’Église catholique).
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Commercialisation de la production agro-écologique en circuits courts.
January 31, 2022 17:18 - no comments yet
Folleto Insidencia política en ESSLes petits et moyens producteurs de la zone, où les Foires Solidaires sont l’une des stratégies qui permettent d’améliorer la commercialisation rurale à travers des circuits courts, en revalorisant l’importance de l’agriculture familiale dans les territoires ruraux et urbains, en parvenant à la récupération de relations sociales de production et d’échange plus justes entre la campagne et la ville.
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El Limón, Jalisco, Mexique : municipalité agroécologique.
January 31, 2022 17:12 - no comments yet
Dès le début de ce processus, des éléments de l’économie sociale et solidaire ont été impliqués, ce qui a rendu possible cette politique publique. La déclaration d’El Limón en tant que municipalité agro-écologique s’inscrit dans un mouvement régional né de l’interaction d’acteurs agricoles ruraux et indigènes, d’organisations de la société civile, d’institutions gouvernementales, d’autorités traditionnelles, d’autorités officielles et d’universités.
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Plaidoyer pour des politiques publiques sur l’économie sociale solidaire en Amérique latine et dans les Caraïbes.
January 27, 2022 13:06 - no comments yet
La période néolibérale, ouvertement déclarée dans les années 1990, se situe face à une réalité de la globalisation qui capitalise sur la déterritorialisation des processus productifs. Cela a été rendu possible par la mise en œuvre de politiques qui ont facilité, comme le mentionne Bourieu (1997), la réduction des coûts de la main-d’œuvre, la réduction des dépenses publiques et la flexibilisation du travail. En outre, les garanties offertes aux entreprises pour la surexploitation des ressources naturelles, la marchandisation de la vie elle-même par la dérégulation des activités économiques.
Il est important de souligner que, durant cette période, tant les peuples indigènes que les petits producteurs ont été exclus d’un projet de destruction systémique du collectif, privilégiant la propriété privée, l’individualité et la concurrence, lorsque ces formes se démarquent de la logique communautaire et solidaire traditionnellement vécue par les deux acteurs, mais qui représente un obstacle à l’expansion du marché libre.
Cette impulsion de la nouvelle facette du capitalisme qui pénètre en Amérique latine à partir du soi-disant consensus de Washington, dictant les politiques publiques appliquées par les gouvernements du continent comme condition à la reconfiguration de la dette extérieure, accroît l’inégalité sociale, entraînant une augmentation de la pauvreté à des niveaux jamais atteints auparavant.[1]
La réponse de la société à ce panorama a été un chemin de luttes, de propositions et de dialogue permanent à différents niveaux, mais un effet social presque généralisé est l’émergence de formes d’organisation qui, dans certains cas, ont eu un impact sur les cadres juridiques qui ont réorienté les pays, dans ce qu’on appelle le nouveau « constitutionnalisme latino-américain ».[2]
Les alternatives de résistance, comme le cas des peuples indigènes, ont joué un rôle important en Amérique latine, rendant le continent visible comme un territoire multiculturel et multiethnique. Ils ont également promu les droits environnementaux liés aux droits des autochtones, en reconnaissant la nature comme un sujet de droits. À cela, nous pouvons intégrer la contribution des modèles de coexistence Buen vivir (sumak kawsay) et Vivir bien (suma kamaña).
D’autres acteurs apparaissent à la recherche de voies alternatives au système, reconsidérant les bases d’autres économies. C’est ainsi qu’un grand mouvement s’est construit, montrant que, sur la base des savoirs collectifs, ancestraux et alternatifs, un autre monde est possible, avec des modes de production, de transformation et de distribution plus en harmonie avec la terre mère. Les peuples indigènes, les agriculteurs, les mouvements de femmes, les jeunes, les travailleurs, les mouvements urbains et ruraux ont construit des expériences, consolidant à partir de la pratique les bases de propositions qui peuvent passer du fait au droit.
Les expériences de l’Équateur et de la Bolivie, par exemple, placent au cœur de la controverse une divergence entre les droits des peuples indigènes et les processus du néolibéralisme avec des intentions claires d’anéantissement. Dans ces territoires, la diversité cherche un espace pour manifester la richesse des expressions marquées dans chaque objet apporté au marché, élargissant les structures d’échange qui rompent avec la monétisation, faisant place au troc, au tequio et à d’autres formes solidaires de construction communautaire.
La Bolivie et l’Équateur ont réussi à faire entendre la voix des peuples indigènes au travers de luttes importantes, en élaborant des lois qui ont été difficiles à mettre en pratique face à la résistance des pouvoirs économiques générés par la période néolibérale. Ce processus a été un chemin inachevé pour les organisations qui s’engagent dans l’exercice quotidien de leurs droits avec un dialogue permanent qui modifie les relations de pouvoir, faisant de la démocratisation sociale une réalité.
En Bolivie, le Mouvement d’économie solidaire et de commerce équitable (MESYCJ) est né en 2008 du travail collectif de représentants du secteur textile, d’agriculteurs, d’artisans du cuir, d’aliments frais et transformés, ainsi que de travailleurs artisanaux. En cours de route, diverses coopératives produisant du café, du cacao et du quinoa ont été impliquées.
MESYCJ se présente comme un promoteur, diffuseur et défenseur d’autres formes d’économie où il travaille avec les principes de solidarité, de réciprocité, de respect mutuel et maintenant, en mettant l’accent sur le développement dans tous les domaines de la femme.
Il a participé à l’élaboration et à la socialisation du plan stratégique plurinational de la Bolivie en coordination avec le ministère du développement productif et de l’économie plurielle et le vice-ministère du commerce intérieur et des exportations. Ainsi que l’organisation d’espaces de débat sur les instruments de l’économie solidaire et du commerce équitable[3].
Dans le cas de l’Equateur, des organisations comme le Mouvement d’Économie Sociale et Solidaire (MESSE), comme le mentionne Pérez (2022)[4], ont réussi à faire en sorte que les petits et moyens producteurs de la région réalisent des Foires Solidaires comme stratégie pour améliorer la commercialisation agricole en circuits courts, en revalorisant l’importance de l’agriculture familiale paysanne dans les territoires ruraux et urbains, en parvenant à la récupération de relations sociales de production et d’échange plus justes entre la campagne et la ville. Elle permet également la conservation et la récupération de l’agro-biodiversité, la promotion de la reconnaissance de la production locale, le renforcement de la sécurité et de la souveraineté alimentaire par le biais des petits agriculteurs agroécologiques.
Les expériences de la Bolivie et de l’Equateur sont basées sur des changements profonds, mais ce sont de longs chemins de transition avec un dialogue permanent de reconstruction pour mettre en pratique les résultats de la résistance économique. La participation des organisations sociales en tant que porte-parole dans la construction des politiques publiques permet l’institutionnalisation de ces processus de résistance, en positionnant le travail autogéré et collectif comme une priorité.
Cependant, en Amérique latine, les processus sociaux, politiques et culturels sont aussi divers que son territoire. Il y a des pays comme le Brésil, qui prône un changement basé sur des ajustements à un cadre préexistant, où il est confronté à une distribution inéquitable des terres, et où la recherche de justice a généré des organisations comme le Mouvement des sans-terres, qui a conduit à la mobilisation de plus de 60 000 familles.
Dans le cas de pays comme le Pérou et le Mexique, des initiatives de politiques publiques ont été menées à bien à la suite de mouvements agricoles, mais les cadres constitutionnels n’ont pas bénéficié de processus d’impact national. Malgré cela, ils ont généré des initiatives locales qui ont réussi à inscrire à l’agenda politique les changements nécessaires face aux effets qui découlent d’un système basé sur la surexploitation sociale et naturelle.
Dans cette recherche d’un monde plus équitable et plus juste, le rôle des femmes a été fondamental, à commencer par le fait qu’en Amérique latine, plus de 50 % des ménages sont dirigés par une femme qui, en présence ou en l’absence de l’homme, subit les effets du manque de protection de l’emploi, trouvant une alternative dans le travail autogéré, qui permet d’obtenir un revenu économique, en plus de la tâche d’élever les enfants ou de s’occuper des autres.
Les organisations de femmes peuvent avoir des objectifs variés tels que l’autonomisation, les droits de l’homme, le féminisme ou les moyens de subsistance. Ces organisations sont confrontées à des difficultés telles que la critique sociale et la violence familiale en raison de leur travail en dehors du foyer. Dans le cas de nombreuses femmes, c’est la première fois qu’elles le font. D’autre part, ces organisations parviennent à générer une prise de conscience collective de la condition d’être une femme, modifiant dans certains cas leur position sociale et politique.
L’Amérique latine montre des formes de construction dans la plaidoirie des politiques publiques, avec une grande diversité d’acteurs qui ont subi les effets d’un néolibéralisme qui a modifié une partie importante de leur territoire. Or, les mouvements sociaux des paysans, des femmes, des jeunes, des communautés autochtones, urbaines et rurales démontrent qu’un autre monde est possible grâce à l’organisation, au dialogue, à la collectivité et à la solidarité.
Par Rosario Anaya, Commission des peuples autochtones et Karin Berlien
[1] 200 millions de pauvres. 70 millions de plus que dans les années 1980, Calvento, 2006.
[2] Mentionné dans l’article « Nouveau constitutionnalisme, droits et environnement dans les constitutions de l’Équateur et de la Bolivie » (Nuevo Constitucionalismo, derechos y medio ambiente en las constituciones de Ecuador y Bolivia). Aparicio, 2011.
[3]Tiré du document préparé par la Commission Genre du RIPESS LAC.
[4] Pérez Deysi, 2022. Membre du RIPESS LAC au sein du comité de plaidoyer.
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Towards the strengthening of SSE ecosystems at all levels
January 25, 2022 10:56 - no comments yetCo-construction of public policies for the promotion of SSE, and advocacy strategies and tools from local to global – Sharing experiences and approaches
On Tuesday 14th of December, RIPESS members and other SSE actors from around the world got together to exchange on advocacy strategies and collaboration with local, national, and international policymakers for co-constructing public policies to strengthen SSE ecosystems around the world. The Director of the Catalan Agency for Development Cooperation, Carme Gual, together with Shigeru Tanaka, joint-coordinator of RIPESS, officially welcomed the participants at the opening of the webinar.
More concretely, the different sections of the webinar focused on sharing international advocacy progress for the promotion of SSE from a RIPESS perspective, as well as sharing concrete examples of advocacy strategies for the co-construction of supportive SSE public policies at all levels, and finally sharing of advocacy tools used by the SSE networks and actors.
Prior to the discussion sessions, the co-leaders of RIPESS working area on intercontinental advocacy summarised the advances on SSE recognition and promotion in international arenas thanks in part to RIPESS’s advocacy work within the United Nations Task Force for SSE, the Global Alliance for the international recognition of SSE, the Global Social Economy Forum and the UN High-Level Political Forum and other areas.

In the first session of the webinar participants heard from experiences of co-construction of SSE public policies in Africa, Latin America and Europe. Elyse Pierrette, General Secretary of RAESS Africa network, and President of the Cameroon SSE network provided inputs on how the SSE network and other national and local actors are participating in the co-construction process currently taking place in Cameroon, and the strategy of the network in the participatory process.
Participants also had the opportunity to hear about an interesting process of transformation of a village into an agroecological reference project in Jalisco State in Mexico. The small village of El Limón started an evolution in their food production process some years ago; it ended by co-constructed policy changes around the region, introducing SSE elements in the production, distribution and consumption of food.

Drazen Simlesa, who is General Coordinator in RIPESS EU (Europe SSE network) highlighted the importance of exchanging knowledge and good practices amongst SSE networks for promoting SSE policies globally. In the experience he shared, the Croatian SSE network worked together with French networks of RIPESS EU to influence in the creation of SSE policies at local level in Croatia.

The importance of resources platforms in knowledge and information sharing is crucial to ensure SSE networks and actors learn from each other and capitalise on strategies and knowledge from around the globe. In this sense, the RIPESS SSE resources platform Socioeco.org presented its vast catalogue of SSE resources to the participants.
The second section of the webinar focused on the exchange of SSE advocacy tools used by networks and actors for advocacy at all levels.
Tools used in Brazil, Ecuador, and Uruguay to successfully develop SSE public policies were presented by Karin Berlien, who is the coordinator of RIPESS LAC (Latin America and the Caribbean). Eri Trinurini, Board member of the Bina Swadaya Foundation and representative of ASEC (RIPESS Asia SSE network), presented a mapping of the SSE landscape of 6 Asian countries, implemented thanks to a collaboration with the ILO (International Labour Organization), developed by ASEC and being used as an advocacy tool.

The great advocacy tools and online platform that the French SSE local governments’ network Réseau des collectivités Territoriales pour une Économie Solidaire (RTES) use were highlighted and presented as well.
Also, Jocelyn Parot, Urgenci’s General Secretary presented Urgenci’s advocacy guide and platform for Community Supported Agriculture.
The webinar was therefore a great occasion to highlight the advocacy work that RIPESS members are doing from the local to the global, and how important it is to work in networks at all levels. Laure Jongejans, RIPESS Executive Secretary stated that the reinforcement of SSE networks is essential to strengthening SSE ecosystems at all levels.
This webinar was organised within the framework of the “Advocacy for the promotion of SSE as a strategy to achieve sustainable development (SDGs) in (post)Covid-19 context” project funded and supported by the Catalan Agency for Development Cooperation.
You can watch it HERE
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